Vallée de l'Orry depuis els collets d'avall , 1996 m

Première sortie hivernale : le tour du Coucouroucouil

Ce dimanche 3 décembre,

il fallait être courageux pour partir en randonnée en montagne. Les températures étaient nettement négatives et la tramontane venait en plus en rajouter une couche.
Nous étions donc quatre cercaniens,irréductibles montagnards à s’équiper depuis Prats Balaguer au milieu de la neige pour s’engager sur le  chemin raide en direction du Coucouroucouil. La couche de neige n’étant pas trop épaisse nous décidons de porter les raquettes et de commencer la grimpette  » pieds légers ».


Le sentier bien marqué s’élève dans la forêt . Au sol une multitude de traces témoigne d’une activité animale intense. La neige est froide et légère et les empreintes ne sont pas imprimées de façon nette. Nous reconnaissons néanmoins les petits doigts des chevreuils, les pas plus larges des biches et cerfs. les différentes allures du lièvre , la piste rectiligne du renard, les sauts légers de l’écureuil . D’autres empreintes restent pour nous impossible à identifier comme ces minuscules traces de petits mammifères qui serpentent dans la neige. On s’amuse à suivre leur parcours et chercher leur cachette.en direction du Coucouroucouil

Halte au Roc de la Socarrade 1782 m

Halte au Roc de la Socarrade 1782 m

A mi pente, on chausse les raquettes car la couche de neige est plus épaisse, la pente est raide et tout doucement nous arrivons vers midi à la jonction avec le GR10 qui mène au col Mitja. Le paysage est dégagé, les sommets enneigés sont grandioses. Nous continuons de nous élever jusqu’à la petite cabane en pierres  de la Jaca dels collets. Alors que nous cherchons un coin abrité pour manger un gypaète adulte vient voler au dessus de nous, assez haut dans le ciel pour disparaitre quelques minutes plus tard derrière le col Mitja.

 

Gypaète au dessus de la jaça dels collets

Gypaète au dessus de la jaça dels collets

Au retour nous préférons emprunter  la piste en lacets qui descend sur le bassin de rétention au fond de la vallée de l’Orry. Nous ne sommes pas les seuls à prendre ce chemin, il est couvert de  traces d’isards dans la neige. D’ailleurs nous en apercevons cinq, bondissant dans la pente de  genets.

La journée se termine autour d’une boisson chaude , réconfortante et bien méritée dans un sympathique bar de Mont Louis.

 

 

Photo de Jacques Fedjo

DES NICHOIRS POUR LA TENGMALM Episode 1

Des nichoirs c’est chouette !

 

 

Ca coupe, troue, visse,colle,rabote ! Les cercaniens ne reculent devant rien.

Cinq bricoleurs naturalistes se sont retrouvés dans l’atelier d’Olivier ce lundi 27 novembre pour confectionner DOUZE nichoirs pour la chouette tengmalm.

Ces jolies petites cabanes seront ensuite accrochées très haut dans les pins dans plusieurs sites forestiers de Cerdagne, Haut Conflent et Capcir.

Espérons que la chouette appréciera et viendra s’y installer !

Sur les sentiers sauvages des Garrotxes

Sortie CERCA sur les soulanes d’En Felip (12/11/17)

Texte : Philippe Vergé                  Photos: Philippe Vergé, Dominique Torras

Sur une proposition –honnête- de Domi & Sylvie, les cercaniens (plus proches des circaètes que des cisterciens faut-il encore le préciser mais peut-être apparentés aux cercatis peregrinus –à débattre) ont pu découvrir, dans leur incessante quête, de superbes spots d’observation au-dessus de la vallée du Cabrils, petit coin perdu de la non moins perdue contrée des Garrotxes (à ne pas confondre avec la Garrotxa, plus méridionale et volcanique, mais à la racine identique signifiant « pierre » ou « rocher »…ce que chacun pourra vérifier dans le dictionnaire ou mieux, sur le terrain).
Ces cercaniens, que l’on pourrait plus favorablement nommer cercaètes du fait de leur passion, ont fait le déplacement depuis l’étranger (Haut Conflent voire la très lointaine Cerdagne), franchissant ainsi col sur col et profondes vallées par d’invraisemblables routes tortueuses bordées d’à-pics vertigineux. Bon, les Garrotxes ne sont pas les Andes, mais le décor est planté !
Dans ce pays quasi inaccessible vivent donc deux cercaètes dont les us –non les os- semblent remonter à l’âge de pierre (qui ne le fait pas d’ailleurs), pour preuve l’érection…de petits tas de ce matériau à flanc de montagne, en hommage aux Dieux ou pour jalonner leurs pérégrinations, nous ne le saurons jamais.
Pour notre périple dans ces landes qui se cherchent entre étages méditerranéen et alpin, nous suivrons ces petits tas de Domi…et non de Pierre (qui n’y est pour rien dans cette histoire et de toute façon absent).
L’inquiétude du groupe est palpable dès l’arrivée sur les lieux car il faudra bien composer avec une battue proche. Mais, dixit Claude : « à coups de feu, vautours curieux ! » (proverbe sautonin qui remonterait à la nuit des temps ou exclamation de circonstance ? Encore un mystère local…)
Nous entamons la montée de la Coume Vigne, affluent RG du Cabrils, un peu en aval du pont de Railleu le long d’un petit torrent aux gours et cascades bien sympathiques. Un premier spot à proximité de Camps d’En Felip (cf carte IGN) laisse augurer une journée fructueuse : gypa (…ète pour les novices), royal (aigle et non milan), vautours (mais pas de moines) ainsi que pléthore de biches, cerfs et mouflons +/- camouflés dans les genêts. Quel bizarre hasard : pas d’isards. Quel camouflet !

En continuant à flanc, nous rejoignons la croupe séparant En Felip de la Coma del Vedell, deuxième spot de la balade. Mêmes espèces observées. Devant le relatif grand nombre de petits groupes de cervidés et mouflons, tout le monde se fait tirer l’oreille pour compter les quadrupèdes ; nous statuerons donc pour « nombreuses observations ». Le local de l’étape (et guide par la même occasion) confirme l’abondance de cette faune en ces lieux. Un aigle royal adulte nous permet de bien assimiler sa technique de chasse à flanc et l’utilisation particulière de ses ailes plutôt ramassées dans une ascendance très rapide. Un vol de craves est repéré au loin.
Jouxtant le thalweg de la Coma del Vedell, un promontoire (cf photo) sera notre troisième spot.

A noter l’usage présidentiel de la Swaro (…vski pour les novices), le menu peuple se contentant de jumelles comme miettes. En parlant de miettes, il est midi ; nous mangeons, bien installés sur une terrasse avec tapis de cyprès rampant, à l’abri d’une tram marquée.

Les craves désormais plus proches nous permettent de différencier leur champ (cris ? ) de celui des chocards plus trillé.
D’autres aigles, immatures car reconnaissables à leurs tâches blanches à la base des rémiges primaires, sont observés. Le gypa passe et repasse plus ou moins haut. Un instant auparavant, deux individus volaient ensemble (couple ? ).
Autres observations de la journée : buse, épervier, grands corbeaux ainsi que neuf perdrix grises dans la Coume de Rouyre, volatiles que nous avons quelque peu dérangés en progressant dans les genêts.
Claude repère une tarentule : Hogna radiate, peu soucieuse des premiers frimas de l’hiver et portant encore quelques jeunes sur son dos (photo trouvée sur la toile, haha ! ).

La descente dans la vallée s’effectuera par la Serra del Sola qui surplombe l’ermitage de l’ancien curé d’Olette .
Les vautours deviennent soudainement plus nombreux (des dizaines au-dessus de nous), ce qui ne manque pas de nous faire compter les membres du groupe ; stupeur, il en manque un ! Nous retrouvons assez vite le huitième laron et la scène hitchcockienne s’arrête là.
Notre rando se termine au mas de Bordoll au milieu des chênes pubescents et érables de Montpellier dans leur parure automnale (note poétique). Nous ne manquons pas de jeter un coup d’œil au pont médiéval sur l’ancienne voie reliant Olette à Railleu (note historique) avant de regagner nos pénates sans avoir vu la moindre queue d’un mainate (note humoristique). Sans doute à l’occasion de la prochaine sortie, qui sait…

Cynips quercus-folli (Galle du chêne en « arbouse ») au pont de Railleu.

Séjour en Sierra de Guara du 25 au 28 Mai 2017

Texte : Philippe Vergé
Photos : Philippe Vergé, Claude Gautier, Dominique Torras

Nous partîmes 14 et, légèrement décimés, nous revînmes 12 ! (j’y reviendrai plus loin…).

Domi et Sylvie nous avaient préparé le camp de base, près de Rodellar, en partant quelques jours plus tôt. Mais ils avaient préparé davantage que le camp de base car les randos d’observation en Sierra de Guara étaient déjà bien planifiées. Donc, nous n’avions plus qu’à suivre le guide quasi local (Domi) sur des sentiers +/- secrets de sa mémoire.

J1 : départ du camping El Puente vers le confluent des canyons du Barrasil et du Mascun inf., que nous traversons au Puente de las Cabras avant de remonter peu à peu vers le Plan de Zuron et le Col de San Cristobal. Les degrés Celsius montent autant que nous et le soleil commence à taper fort. Les arrêts multiples nous permettent d’observer vautours, aigle royal (très loin), martinets à ventre blanc (très rapides), fauvette mélanocéphale (bruyante), plutôt dans l’air, chèvres sauvages et nombreux éphippigères, plutôt sur terre. La flore, très méditerranéenne, aurait mérité une visite plus tôt en saison, mais il faut dès lors négocier avec les maîtres du calendrier saint pour avancer le Pont de l’Ascension ! A noter quelques pigamons tubéreux, difficiles à trouver dans les guides classiques.

Une petite pause dans le peu d’ombre trouvé à proximité du Col de San Cristobal donne l’occasion à certains de chercher une source, reportée sur les cartes…mais introuvable sur le terrain. Il faudra donc économiser l’eau jusqu’à la prochaine résurgence dans le Mascun inf. Nous rejoignons le fond de ce canyon via le Barranco del Andrebod avant de remonter sur l’Ermita de la Virgen où nous attendent Sylvie et sa chienne pour un pique-nique aérien. Evidemment, le lit du Mascun a été mis à profit au passage pour un rafraîchissement bienvenu, ce qui nous donne l’occasion d’observer des homo sapiens sapiens néoprènis, espèce locale très présente en milieu aquatique à cette saison.

Deux groupes se forment pour l’après-midi : un qui va directement à l’eau, l’autre à la source parce qu’il fait soif…mais qui finira aussi dans l’eau ! L’itinéraire passe par le vieil hameau, inhabité mais restauré, de Cheto en empruntant de beaux sentiers ombragés et bordés de murets en pierre sèche de belle facture, voire insolites dans leur construction en alternant des portions à lauses verticales et horizontales. Un ophrys abeille subsiste dans une clairière mais ne tardera pas à faner comme ses semblables. Sous Rodellar, une petite visite à la vire des hirondelles nous permet d’observer l’endémique Petrocaptis Guaransis accroché à la paroi calcaire.

La journée se termine de manière assez classique : baignade, bière et repas en commun improvisé.

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J2 : nous laissons les voitures (bien garées) au-dessus du canyon du Balcez pour une petite boucle (vous remarquerez que la boucle est toujours petite au départ mais finit par prendre la journée) vers La Peonera et son très beau canyon. On herborise au fil du chemin qui serpente sur le plateau. Le point de vue au bord du canyon nous occupe un moment avec les vautours (fauve et percnoptère), gypaètes, milans (noir et royal), faucons pèlerins et autres volatiles pariétaux. La descente vers la rivière passe par une superbe vire inclinée, impressionnante de loin, plus facile en réalité. Domi nous signale des sources plus en amont et c’est la première occasion de se rafraîchir un peu ; jusqu’au nombril pour certains, jusqu’au cou pour d’autres (n’est-ce pas Jeannine…). Pas d’observation particulière autre que le Sap. Sap. Néoprènis versus aqua-siestis cette fois (!).

Le pique-nique engouffré, nous empruntons le même itinéraire que l’espèce susdite pour rejoindre en aval le départ du sentier de l’Ermita de San Martin. La falaise en dévers (HLM à hirondelles des rochers) qui borde le cingle de la rivière est fascinante. Comme la remontée sur le plateau promet d’être chaude, nous n’hésitons pas à nous mettre –encore- à l’eau dans des vasques à faire pâlir Jacob-Delafon. Effectivement, dans la montée, les vautours semblent repérer les moins vaillants et espérer quelques restes, mais c’est sans compter avec la pugnacité des cercaliens ; « sempre endavant… ».

Nous retrouvons les véhicules (toujours bien garés)…mais ayant reçu la visite d’une maréchaussée locale un peu trop zélée au goût de Domi. A suivre…

Cela ne nous empêche pas de finir cette deuxième journée d’observation autour d’un jus de houblon légèrement fermenté, avec la mousse et la buée qui va bien, avant de remplir substantiellement nos panses.

Les Sap. Sap. Néoprènis étant plutôt décibéliques et assoiffés dès que le soleil se couche, le silence n’arrivera que tard dans la nuit au sein du camping ; la hulotte ne se fera entendre qu’à partir de ce moment-là.

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J3 : après une heure de liaison par les petites routes de la Sierra aux –très- nombreux virages, nous laissons les voitures (superbement bien garées) au-dessus du canyon du Vero. Sylvie, Jean-yves, Julien et la chienne descendent directement à la rivière. Domi nous promet une descente « authentique » par un itinéraire quelque peu délaissé (c’est le moins que l’on puisse dire). Nous progressons sous le plateau, assez près des nichoirs des vautours fauves. Un Trencalos (chargé, comme le fait remarquer Claude) fait quelques passages non loin. Le cheminement n’est pas du tout évident, végétal par endroits, plus technique au pied des falaises. Le bout de ficelle pris par Domi a toute son utilité pour rassurer les moins aguerris à la désescalade et Philippe recairne le vieux chemin des « scientifiques » sur la partie basse.

Retrouvailles dans le lit du Vero pour un pique-nique/baignade tout en regardant passer quelques cordulégastres annelés. Un grand corbeau –chamailleur par nature- se fait courser par tout ce qui vole, de l’hirondelle des rochers au vautour. La remontée de la rivière nous donne aussi l’occasion de trouver quelques orchidées (dactylorhiza elata, épipactis helleborine (de trémols? ), platanthera bifolia), puis, plus haut, de faire un saut, grimpe à l’appui, vers les porches abritant des peintures rupestres relativement bien conservées…mais très protégées. Nous terminons notre randonnée aquatique au-dessus du moulin de Lecina avant de remonter au milieu de vestiges d’incendie sur le parking…où sont superbement bien garées nos voitures.

La journée se clôturera par une paëlla au restau. Ce qui me donne l’occasion de revenir sur la première phrase. Philippe et Evelyne (mais surtout Philippe) ont décidé de poursuivre leur séjour gastro (plutôt entérique que nomique) dans le coin. Après deux jours de galère, Philippe est hospitalisé pour intoxication alimentaire. Nul doute que la moule paëllo-guaranique n’est pas la spécialité de Las Almunias !

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Ce séjour CERCA en Sierra de Guara fût une réussite (il est vrai que Domi en connaît les moindres recoins). A renouveler donc, sans modération. Et si Solange est d’accord, on lancera pour de bon le concept yoga/saucisse.

Dans l’ordre d’apparition des acteurs : Domi, Sylvie, Maïté, Claude, Jeannine, Nathalie, Monique, Olivier, Evelyne, Philippe, Solange, Christine, Jean-Yves, Julien et…Réglisse. Les décors étaient du Jurassique, les costumes très légers, pour ne pas dire les tee-shirts mouillés 😉

Chouette chevêche d’athéna

La chevêche d’Athéna vit dans des zones plates ou vallonnées,elle aime les paysages avec des arbres dispersés,les murs de pierres ainsi que les ruines ou les vergers.Elle est active de jour comme de nuit.
Souvent perchée sur des piquets ou des arbres,ses proies sont principalement insectes,araignées,souris,campagnols qu’elle chasse plutôt la nuit.Elle peut rester des heures complètement immobile. Elle rejette de petites pelotes depuis son perchoir. Elle peut aussi se nourrir d’invertébrés et de vers de terre, de petits mammifères, d’oiseaux ainsi que d’amphibiens.

Son nid peut se situer au sol dans un terrier ou dans le trou d’un arbre.La femelle y dépose  3 à 5 œufs blancs et lisses vers fin avril.L’incubation dure 28 à 29 jours . Elle est assurée par la femelle qui est nourrie par le mâle. Les jeunes quittent le nid au bout de 35 jours et deviennent indépendants au bout de 9 à 10 semaines.

J’ai eu la chance d’assister à un accouplement et de surprendre quelques portraits et poses dont voici les photos…

 

Randonnée sur le cami ramader de la vallée d’Evol dimanche 26 mars

Ciel bleu,  air vif et marche sur neige pour cette randonnée printanière à partir de Thuir d’Evol.
Claude avait choisi un itinéraire de 15 km pour monter jusqu’au refuge de La Moline par le cami ramader et revenir sur l’autre versant par le cortal Llougna.


Le parcours est très varié dans une nature à la fois sauvage et fortement marquée par le travail de l’homme : vieux chemin empierré, nombreuses ardoisières, pont bâti en pierres sèches, cabanes et bergeries.

Munie de sa flore Maïté a relevé les premières fleurs de printemps sur le chemin bordant  la rivière : cardamine, anémone des bois, primevère coucou, lamier pourpre,arabette tourette , lunaire vivace.

Tout au long de la journée nous avons vu ou entendu une trentaine d’espèces d’oiseaux listée par Claude :
Mésanges huppée, noire, bleue, charbonnière, à longue queue
Alouette des champs, Venturon, Pouillot véloce, Roitelet triple-bandeau, Rougequeue noir, Rougegorge, Merle noir, Merle à plastron, Grive musicienne, Bruant fou, Troglodyte, Pinson des arbres, Hirondelles de rochers, de fenêtre, Bergeronette grise, des ruisseaux, Moineau domestique, Pigeon ramier, Geai, Crave, Grand Corbeau, Crécerelle, Epervier, Gypaète, Vautour fauve.