Séjour en Sierra de Guara du 25 au 28 Mai 2017

Texte : Philippe Vergé
Photos : Philippe Vergé, Claude Gautier, Dominique Torras

Nous partîmes 14 et, légèrement décimés, nous revînmes 12 ! (j’y reviendrai plus loin…).

Domi et Sylvie nous avaient préparé le camp de base, près de Rodellar, en partant quelques jours plus tôt. Mais ils avaient préparé davantage que le camp de base car les randos d’observation en Sierra de Guara étaient déjà bien planifiées. Donc, nous n’avions plus qu’à suivre le guide quasi local (Domi) sur des sentiers +/- secrets de sa mémoire.

J1 : départ du camping El Puente vers le confluent des canyons du Barrasil et du Mascun inf., que nous traversons au Puente de las Cabras avant de remonter peu à peu vers le Plan de Zuron et le Col de San Cristobal. Les degrés Celsius montent autant que nous et le soleil commence à taper fort. Les arrêts multiples nous permettent d’observer vautours, aigle royal (très loin), martinets à ventre blanc (très rapides), fauvette mélanocéphale (bruyante), plutôt dans l’air, chèvres sauvages et nombreux éphippigères, plutôt sur terre. La flore, très méditerranéenne, aurait mérité une visite plus tôt en saison, mais il faut dès lors négocier avec les maîtres du calendrier saint pour avancer le Pont de l’Ascension ! A noter quelques pigamons tubéreux, difficiles à trouver dans les guides classiques.

Une petite pause dans le peu d’ombre trouvé à proximité du Col de San Cristobal donne l’occasion à certains de chercher une source, reportée sur les cartes…mais introuvable sur le terrain. Il faudra donc économiser l’eau jusqu’à la prochaine résurgence dans le Mascun inf. Nous rejoignons le fond de ce canyon via le Barranco del Andrebod avant de remonter sur l’Ermita de la Virgen où nous attendent Sylvie et sa chienne pour un pique-nique aérien. Evidemment, le lit du Mascun a été mis à profit au passage pour un rafraîchissement bienvenu, ce qui nous donne l’occasion d’observer des homo sapiens sapiens néoprènis, espèce locale très présente en milieu aquatique à cette saison.

Deux groupes se forment pour l’après-midi : un qui va directement à l’eau, l’autre à la source parce qu’il fait soif…mais qui finira aussi dans l’eau ! L’itinéraire passe par le vieil hameau, inhabité mais restauré, de Cheto en empruntant de beaux sentiers ombragés et bordés de murets en pierre sèche de belle facture, voire insolites dans leur construction en alternant des portions à lauses verticales et horizontales. Un ophrys abeille subsiste dans une clairière mais ne tardera pas à faner comme ses semblables. Sous Rodellar, une petite visite à la vire des hirondelles nous permet d’observer l’endémique Petrocaptis Guaransis accroché à la paroi calcaire.

La journée se termine de manière assez classique : baignade, bière et repas en commun improvisé.

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J2 : nous laissons les voitures (bien garées) au-dessus du canyon du Balcez pour une petite boucle (vous remarquerez que la boucle est toujours petite au départ mais finit par prendre la journée) vers La Peonera et son très beau canyon. On herborise au fil du chemin qui serpente sur le plateau. Le point de vue au bord du canyon nous occupe un moment avec les vautours (fauve et percnoptère), gypaètes, milans (noir et royal), faucons pèlerins et autres volatiles pariétaux. La descente vers la rivière passe par une superbe vire inclinée, impressionnante de loin, plus facile en réalité. Domi nous signale des sources plus en amont et c’est la première occasion de se rafraîchir un peu ; jusqu’au nombril pour certains, jusqu’au cou pour d’autres (n’est-ce pas Jeannine…). Pas d’observation particulière autre que le Sap. Sap. Néoprènis versus aqua-siestis cette fois (!).

Le pique-nique engouffré, nous empruntons le même itinéraire que l’espèce susdite pour rejoindre en aval le départ du sentier de l’Ermita de San Martin. La falaise en dévers (HLM à hirondelles des rochers) qui borde le cingle de la rivière est fascinante. Comme la remontée sur le plateau promet d’être chaude, nous n’hésitons pas à nous mettre –encore- à l’eau dans des vasques à faire pâlir Jacob-Delafon. Effectivement, dans la montée, les vautours semblent repérer les moins vaillants et espérer quelques restes, mais c’est sans compter avec la pugnacité des cercaliens ; « sempre endavant… ».

Nous retrouvons les véhicules (toujours bien garés)…mais ayant reçu la visite d’une maréchaussée locale un peu trop zélée au goût de Domi. A suivre…

Cela ne nous empêche pas de finir cette deuxième journée d’observation autour d’un jus de houblon légèrement fermenté, avec la mousse et la buée qui va bien, avant de remplir substantiellement nos panses.

Les Sap. Sap. Néoprènis étant plutôt décibéliques et assoiffés dès que le soleil se couche, le silence n’arrivera que tard dans la nuit au sein du camping ; la hulotte ne se fera entendre qu’à partir de ce moment-là.

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J3 : après une heure de liaison par les petites routes de la Sierra aux –très- nombreux virages, nous laissons les voitures (superbement bien garées) au-dessus du canyon du Vero. Sylvie, Jean-yves, Julien et la chienne descendent directement à la rivière. Domi nous promet une descente « authentique » par un itinéraire quelque peu délaissé (c’est le moins que l’on puisse dire). Nous progressons sous le plateau, assez près des nichoirs des vautours fauves. Un Trencalos (chargé, comme le fait remarquer Claude) fait quelques passages non loin. Le cheminement n’est pas du tout évident, végétal par endroits, plus technique au pied des falaises. Le bout de ficelle pris par Domi a toute son utilité pour rassurer les moins aguerris à la désescalade et Philippe recairne le vieux chemin des « scientifiques » sur la partie basse.

Retrouvailles dans le lit du Vero pour un pique-nique/baignade tout en regardant passer quelques cordulégastres annelés. Un grand corbeau –chamailleur par nature- se fait courser par tout ce qui vole, de l’hirondelle des rochers au vautour. La remontée de la rivière nous donne aussi l’occasion de trouver quelques orchidées (dactylorhiza elata, épipactis helleborine (de trémols? ), platanthera bifolia), puis, plus haut, de faire un saut, grimpe à l’appui, vers les porches abritant des peintures rupestres relativement bien conservées…mais très protégées. Nous terminons notre randonnée aquatique au-dessus du moulin de Lecina avant de remonter au milieu de vestiges d’incendie sur le parking…où sont superbement bien garées nos voitures.

La journée se clôturera par une paëlla au restau. Ce qui me donne l’occasion de revenir sur la première phrase. Philippe et Evelyne (mais surtout Philippe) ont décidé de poursuivre leur séjour gastro (plutôt entérique que nomique) dans le coin. Après deux jours de galère, Philippe est hospitalisé pour intoxication alimentaire. Nul doute que la moule paëllo-guaranique n’est pas la spécialité de Las Almunias !

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Ce séjour CERCA en Sierra de Guara fût une réussite (il est vrai que Domi en connaît les moindres recoins). A renouveler donc, sans modération. Et si Solange est d’accord, on lancera pour de bon le concept yoga/saucisse.

Dans l’ordre d’apparition des acteurs : Domi, Sylvie, Maïté, Claude, Jeannine, Nathalie, Monique, Olivier, Evelyne, Philippe, Solange, Christine, Jean-Yves, Julien et…Réglisse. Les décors étaient du Jurassique, les costumes très légers, pour ne pas dire les tee-shirts mouillés 😉

Chouette chevêche d’athéna

La chevêche d’Athéna vit dans des zones plates ou vallonnées,elle aime les paysages avec des arbres dispersés,les murs de pierres ainsi que les ruines ou les vergers.Elle est active de jour comme de nuit.
Souvent perchée sur des piquets ou des arbres,ses proies sont principalement insectes,araignées,souris,campagnols qu’elle chasse plutôt la nuit.Elle peut rester des heures complètement immobile. Elle rejette de petites pelotes depuis son perchoir. Elle peut aussi se nourrir d’invertébrés et de vers de terre, de petits mammifères, d’oiseaux ainsi que d’amphibiens.

Son nid peut se situer au sol dans un terrier ou dans le trou d’un arbre.La femelle y dépose  3 à 5 œufs blancs et lisses vers fin avril.L’incubation dure 28 à 29 jours . Elle est assurée par la femelle qui est nourrie par le mâle. Les jeunes quittent le nid au bout de 35 jours et deviennent indépendants au bout de 9 à 10 semaines.

J’ai eu la chance d’assister à un accouplement et de surprendre quelques portraits et poses dont voici les photos…

 

Randonnée sur le cami ramader de la vallée d’Evol dimanche 26 mars

Ciel bleu,  air vif et marche sur neige pour cette randonnée printanière à partir de Thuir d’Evol.
Claude avait choisi un itinéraire de 15 km pour monter jusqu’au refuge de La Moline par le cami ramader et revenir sur l’autre versant par le cortal Llougna.


Le parcours est très varié dans une nature à la fois sauvage et fortement marquée par le travail de l’homme : vieux chemin empierré, nombreuses ardoisières, pont bâti en pierres sèches, cabanes et bergeries.

Munie de sa flore Maïté a relevé les premières fleurs de printemps sur le chemin bordant  la rivière : cardamine, anémone des bois, primevère coucou, lamier pourpre,arabette tourette , lunaire vivace.

Tout au long de la journée nous avons vu ou entendu une trentaine d’espèces d’oiseaux listée par Claude :
Mésanges huppée, noire, bleue, charbonnière, à longue queue
Alouette des champs, Venturon, Pouillot véloce, Roitelet triple-bandeau, Rougequeue noir, Rougegorge, Merle noir, Merle à plastron, Grive musicienne, Bruant fou, Troglodyte, Pinson des arbres, Hirondelles de rochers, de fenêtre, Bergeronette grise, des ruisseaux, Moineau domestique, Pigeon ramier, Geai, Crave, Grand Corbeau, Crécerelle, Epervier, Gypaète, Vautour fauve.

Réseau Loup Lynx, stage à Matemale du 24 au 26 janvier 2017

Réseau Loup Lynx, stage à Matemale du 24 au 26 janvier 2017

Nous avons été accueillis à Matemale qui nous a chaleureusement reçu le mardi sous la neige, le mercredi matin par -20°C et le jeudi encore sous la neige. La vue en descendant sur le lac était splendide.

Ce stage était organisé par l’ONCFS (Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage) avec Alain Bataille et Julien Steinmetz comme formateurs aux savoirs étendus et à la grande disponibilité. Ils ont réussi à répondre aux très nombreuses questions!

louplynx

Quatre membres de Cerca y ont participé : Bastien, Claude, Fred et Thierry. Parmi les 30 stagiaires, on retrouvait des agents de l’ONCFS, chasseurs,  lieutenants de louvèterie, conservateur de réserve naturelle, naturalistes, et personnes présentes à titre personnel.

Formation Loup 01- 2017 Matemale fotos jcf(2)

Cette formation a permis d’approfondir les connaissances de chacun, notamment les critères d’identification physiques et comportementaux ainsi que les traces, fèces, poils.

La problématique de la transmission des observations à l’ONCFS pour que le gouvernement établisse en connaissance de cause des quotas de prélèvement fait ressortir 2 points de vues : soit cela permet les tirs (36 par an en 2015 et 2016) , soit cela permettra ultérieurement d’obliger l’état à respecter l’état de conservation de l’espèce dont la croissance de la population ne doit pas être stoppée. C’est ce qui semble se profiler puisque la population stagne depuis 3 hivers. Mais il faut attendre encore 2 ans pour être certain de la tendance.

Reste à savoir si l’état se pliera aux directives européennes ou préfèrera payer une forte amende et « faire plaisir » à certains chasseurs et éleveurs.

On ne peut pas résumer 3 jours de formation en un article mais voici quelques infos intéressantes pour tempérer les avis de chacun sur le Loup (il n’y a toujours pas d’observation de Lynx dans les Pyrénées).

Pour débuter, je cite J. Steinmetz (en italique)

Les attaques sur troupeaux domestiques sont classées en trois catégories :                                       –        « Cause de mortalité indéterminée » : si on ne peut pas mettre en évidence qu’il s’agit d’une prédation et qu’on ne connait pas la cause de la mort (cas par exemple d’une carcasse nettoyée complètement par les vautours). L’indemnisation peut avoir lieu après examen du contexte (présence de Loup connue dans le secteur, dégâts attribués à l’espèce sur le même secteur par exemple) ;                                                                                                                                                –        « Loup Ecarté » : si la mortalité est liée à autre chose qu’à une prédation, ou si il y a prédation et qu’on a des éléments permettant d’exclure le Loup ;                                                                  –        « Loup Non  Ecarté » : si la prédation est caractérisée et qu’aucun élément ne permet d’exclure le Loup.

Sont indemnisés directement les constats « Loup Non Ecarté », les « Indéterminés » passent en commission départementale tout comme les « Loup Ecarté » si l’éleveur conteste la décision.       Par contre, on n’a pas les chiffres sur les proportions de ces 3 classements car cela varie énormément d’un département à l’autre selon la présence réelle de loup, et avec le temps. (les éleveurs appellent pour tout et n’importe quoi au début et « comprennent » rapidement les critères qui nous permettent de trancher et donc font un pré-tri avec l’expérience).

Majoritairement, les troupeaux en estive ne subissent qu’une attaque de loup quel que soit le mode de garde (on a vu une vidéo en infrarouge d’une attaque d’une meute de loups sur un troupeau gardé par 5 patous). Mais certains subissent plus de 5 attaques par ans. Différentes raisons : comportement particulier de prédation d’un individu ou d’une meute, mode de garde du troupeau, troupeau en estive ou dehors toute l’année…Ceci est surtout observé dans les 3 département du S-E de la France, notamment du fait qu’à ces altitudes moindres les troupeaux sont toute l’année dehors.

On peut ainsi comprendre le ras-le bol de certains éleveurs même s’il existe un système d’indemnisation et d’aide au financement des moyens de protection.

Dans les P.O. 15 déclaration d’attaques en 2014, 14 en 2015 et 5 en 2016 toutes sur la ZPP (zone de présence permanente) du Carlit. Mais aucune attaque n’a été attribuée loup « non exclu ».

A propos des loups en P.O. le premier officiellement observé en 1999 mais déjà suspecté en 1997 voire 1995, soit seulement 3 ans après le premier observé dans les Alpes françaises. Il n’y a actuellement que des loups mâles solitaires sur 3 ZPP différentes.

Il faut savoir qu’un loup parcourt chaque jour (nuit principalement) entre 20 et 30 km. Donc, deux attaques à 12 h d’intervalle et à 20 km ne signifient obligatoirement pas la présence de 2 individus.

Il y a eu quelques observations de deux loups ensemble, mais parfois un loup d’une ZPP peut aller chasser en duo sur la ZPP d’un autre (preuve visuelle récente et relevé de fèces l’attestent). Aucune possibilité de prévoir quand une meute se formera avec reproduction. Il faudrait qu’une femelle vienne et reste puisque la seule qui a été observée dans les P.O. début des années 2000 n’est pas restée ou est morte.

Deux ateliers avec jeu de rôle après le visionnage d’une vidéo ont permis de remplir en situation le cas d’une observation visuelle, puis d’une observation des traces dans la neige.

Le lendemain, encore un jeu de rôle pour remplir les fiches d’observation de proies attaquées : 2 mouflons, une femelle et un mâle récupérés dans le massif du Caroux. Pour faire court, à l’aide d’une paire de gants latex et d’un scalpel, il faut lever la peau du cou pour compter le nombre de trous des canines et leur taille ainsi que la profondeurs des blessures (il faut enfoncer le petit doigt…) ce que l’un de nous quatre a pu faire. Il faut repérer les zones de morsure et présence d’hématomes pour différencier loup lynx et chien.

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La formation s’est achevée par la projection d’un film montrant cette procédure sur deux brebis que seuls les agents de l’ONCFS sont habilités à faire.

Si vous ou un proche observez la présence du loup (visuelle, traces, restes de proies) contactez l’un de nous quatre !

Fred Caminade

 

Chantier mares de La Borde

C’est maintenant une habitude, chaque année en automne l’association organise un nettoyage des abords des mares de La Borde située sur le site des Bouillouses. Ce travail permet un entretien de cette zone humide afin de maintenir la biodiversité.
L’ONF a marqué les pins à abattre. Les  » bûcherons  » naturalistes de CERCA se sont mobilisés ce dimanche 20 novembre pour couper une vingtaine d’arbres . La jument d’Olivier nous a tranquillement aidés. Guidée par les ordres clairs et précis de son maître , elle a tiré tous les troncs que nous avions coupés pour les déposer au bord de la piste .
L’année prochaine nous continuerons avec tous ceux qui voudront bien nous prêter main forte !

 

Migration 2016

Spot de migration à Eyne

Cette année , faute de moyen financier , pas d’ornithologue professionnel pour assurer le comptage des oiseaux migrateurs du spot d’Eyne .

Pourtant ce col voit passer chaque année des milliers d’oiseaux. Le troisième en France par son importance.Le premier pour le nombre de circaètes.
Le site est connu au delà des frontières puisque de nombreux visiteurs ornithologues français et étrangers se retrouvent sur le spot durant toute la migration .

Dès le début de la migration ,cet été , une pétition a été lancée pour réclamer l’emploi d’un salarié pour l’année prochaine. Elle a obtenu 16 000 signatures.
http://www.mesopinions.com/petition/politique/vive-suivi-oiseaux-migrateurs-eyne-66/24745

CERCA a néanmoins assuré une permanence pendant toute la durée de la migration. François Gallon et Bastien Tomas principalement , ont activement maintenu une présence quotidienne de puis la dernière semaine d’août jusqu’au mois d’octobre. Les comptages ont été transmis régulièrement aux sites de migraction et faune LR
.http://www.migraction.net/index.php?m_id=112&frmSite=45&graph=synthesis&action=list
http://www.faune-lr.org/

Voici quelques belles photos de cette saison prises par François.