Texte : François Gallon, Sylvie Torras
Photos : François Gallon, Dominique Torras

Dimanche 15 avril 2018

Participaient à cette sortie sous un beau soleil printanier :

Olivier, Manon, Lucie, Rosine et Michel, Sylvie et Dominique, Maïté et Claude, Bernard et Chrstine, Jean Charles et Béatrice, et François le guide.

Après un regroupement au Col St Louis, première halte juste avant Parahou pour découvrir dans un champ de pâture les hampes toutes fraiches d’Orchis conique (Neotinea conica), rare et noté seulement en France sur ce secteur audois et du côté de Port Vendres pour les PO.

Orchis conique
Neotinea conica

L’orchidée est une  plante remarquable par sa fleur très particulière : 3  sépales et 3 pétales colorés. L’un des pétale est plus gros. C’est le labelle qui sert de piste d’atterrissage pour l’insecte. Chez l’ophrys le labelle montre un dessin qui le caractérise : le macule

Deuxième secteur, juste après Parahou, où nous trouvons de nombreux pieds d’Ophrys de mars (Ophrys exaltata marzuola) avec leur champ basal concolore avec le labelle, la macule variable sur bon nombre d’individus, et difficiles à ne pas confondre avec l’Ophrys araignée (Ophrys aranifera) et son champ basal plus clair que le labelle, souvent orangé.

Après pas mal de recherche nous trouvons l’hybride entre l’Ophrys araignée et l’Ophrys de De Forestier ( Ophrys forestieri) qui n’a pas à ce jour de nom propre.
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Direction ensuite vers le troisième site qui nous proposera outre l’Orchis pourpre (Orchis purpurea) et un Ophrys de mars à la macule unie, le spectaculaire Ophrys miroir (Ophrys speculum) . Un orvet s’enfuit sous nos pas, tout contre l’Ophrys miroir.
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Après avoir observé un Circaète Jean le Blanc autour de la Pique Grosse de Bugarach, c’est l’heure du repas et nous nous installons au milieu des Narcisses d’Asso (Narcissus assoanus) au Roc de La Beille (606m) avec une splendide vue sur la rivière la Blanque. Une hirondelle des rochers nous survole un instant.

Narcissus assoanus ; Narcisse d’asso

Nous nous dirigeons vers le quatrième site où nous trouvons, dans une pente détrempée l’Ophrys de De Forestier (Ophrys forestieri), l’Ophrys de Gascogne (Ophrys vasconica) et certainement l’hybride entre les deux mais non déterminé avec exactitude. Un peu plus au sec nous découvrons l’Orchis bouffon (Anacamptis morio) ainsi que la Fritillaire des Pyrénées (Frtillaria pyrenaica) pas encore ouverte.

Ophrys de Gascogne (Ophrys vasconica)

Ophrys de Gascogne (Ophrys vasconica)

Orchis bouffon (Anacamptis morio

Alors que Lucie nous quitte, nous nous rendons ensuite, toujours sur la commune de Bugarach, sur le cinquième et dernier site, au parking du Pont romain et lieu d’observation des vautours. Si les vautours sont discrets avec seulement 4 à 5 individus, nous observons toutefois 2 percnoptères qui cerclent au dessus de nous.

Quant aux orchidées nous assisterons à la pseudocopulation de l’Ophrys de De Forestier et de l’Ophrys de Gascogne par le pollinisateur de l’Ophrys de mars, la Collète des sablières (Colletes cunicularius).En effet, la fleur grâce à ses couleurs voyantes, ses motifs, son parfum ou son nectar attire les insectes qui vont permettre la pollinisation.La reproduction de l’orchidée est complètement dépendante des insectes . Certaines fleurs sécrètent des substances chimiques qui imitent celles émises par des abeilles femelles lors de la reproduction. Ainsi le mâle tente de s’accoupler avec la fleur … en vain évidemment.Les étamines sont au nombre de deux ( les pollinies) . Pour certaines espèces l’insecte attiré par la fleur emporte avec lui la pollinie qui se colle sur son corps.
Si pour l’Ophrys de mars la petite abeille fait face à la fleur, collectant les pollinies sur sa tête, elle se retourne par contre lorsqu’elle se trouve en présence des Ophrys du genre fusca, tout comme les Andrènes (autres abeilles pollinisatrices), et se retrouve avec les pollinies collées ce coup ci sur le dos de l’abdomen. Lorsqu’elle visitera une autre fleur, elle posera ainsi du pollen sur le stigmate, assurant ainsi la fécondation.
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Et pour finir cette sortie à Bugarach, une dernière photo de l’extraterrestre du lieu : notre Dominique devant un Ophrys pourpre

L’extra terrestre de Bugarach