Sortie CERCA sur les soulanes d’En Felip (12/11/17)

Texte : Philippe Vergé                  Photos: Philippe Vergé, Dominique Torras

Sur une proposition –honnête- de Domi & Sylvie, les cercaniens (plus proches des circaètes que des cisterciens faut-il encore le préciser mais peut-être apparentés aux cercatis peregrinus –à débattre) ont pu découvrir, dans leur incessante quête, de superbes spots d’observation au-dessus de la vallée du Cabrils, petit coin perdu de la non moins perdue contrée des Garrotxes (à ne pas confondre avec la Garrotxa, plus méridionale et volcanique, mais à la racine identique signifiant « pierre » ou « rocher »…ce que chacun pourra vérifier dans le dictionnaire ou mieux, sur le terrain).
Ces cercaniens, que l’on pourrait plus favorablement nommer cercaètes du fait de leur passion, ont fait le déplacement depuis l’étranger (Haut Conflent voire la très lointaine Cerdagne), franchissant ainsi col sur col et profondes vallées par d’invraisemblables routes tortueuses bordées d’à-pics vertigineux. Bon, les Garrotxes ne sont pas les Andes, mais le décor est planté !
Dans ce pays quasi inaccessible vivent donc deux cercaètes dont les us –non les os- semblent remonter à l’âge de pierre (qui ne le fait pas d’ailleurs), pour preuve l’érection…de petits tas de ce matériau à flanc de montagne, en hommage aux Dieux ou pour jalonner leurs pérégrinations, nous ne le saurons jamais.
Pour notre périple dans ces landes qui se cherchent entre étages méditerranéen et alpin, nous suivrons ces petits tas de Domi…et non de Pierre (qui n’y est pour rien dans cette histoire et de toute façon absent).
L’inquiétude du groupe est palpable dès l’arrivée sur les lieux car il faudra bien composer avec une battue proche. Mais, dixit Claude : « à coups de feu, vautours curieux ! » (proverbe sautonin qui remonterait à la nuit des temps ou exclamation de circonstance ? Encore un mystère local…)
Nous entamons la montée de la Coume Vigne, affluent RG du Cabrils, un peu en aval du pont de Railleu le long d’un petit torrent aux gours et cascades bien sympathiques. Un premier spot à proximité de Camps d’En Felip (cf carte IGN) laisse augurer une journée fructueuse : gypa (…ète pour les novices), royal (aigle et non milan), vautours (mais pas de moines) ainsi que pléthore de biches, cerfs et mouflons +/- camouflés dans les genêts. Quel bizarre hasard : pas d’isards. Quel camouflet !

En continuant à flanc, nous rejoignons la croupe séparant En Felip de la Coma del Vedell, deuxième spot de la balade. Mêmes espèces observées. Devant le relatif grand nombre de petits groupes de cervidés et mouflons, tout le monde se fait tirer l’oreille pour compter les quadrupèdes ; nous statuerons donc pour « nombreuses observations ». Le local de l’étape (et guide par la même occasion) confirme l’abondance de cette faune en ces lieux. Un aigle royal adulte nous permet de bien assimiler sa technique de chasse à flanc et l’utilisation particulière de ses ailes plutôt ramassées dans une ascendance très rapide. Un vol de craves est repéré au loin.
Jouxtant le thalweg de la Coma del Vedell, un promontoire (cf photo) sera notre troisième spot.

A noter l’usage présidentiel de la Swaro (…vski pour les novices), le menu peuple se contentant de jumelles comme miettes. En parlant de miettes, il est midi ; nous mangeons, bien installés sur une terrasse avec tapis de cyprès rampant, à l’abri d’une tram marquée.

Les craves désormais plus proches nous permettent de différencier leur champ (cris ? ) de celui des chocards plus trillé.
D’autres aigles, immatures car reconnaissables à leurs tâches blanches à la base des rémiges primaires, sont observés. Le gypa passe et repasse plus ou moins haut. Un instant auparavant, deux individus volaient ensemble (couple ? ).
Autres observations de la journée : buse, épervier, grands corbeaux ainsi que neuf perdrix grises dans la Coume de Rouyre, volatiles que nous avons quelque peu dérangés en progressant dans les genêts.
Claude repère une tarentule : Hogna radiate, peu soucieuse des premiers frimas de l’hiver et portant encore quelques jeunes sur son dos (photo trouvée sur la toile, haha ! ).

La descente dans la vallée s’effectuera par la Serra del Sola qui surplombe l’ermitage de l’ancien curé d’Olette .
Les vautours deviennent soudainement plus nombreux (des dizaines au-dessus de nous), ce qui ne manque pas de nous faire compter les membres du groupe ; stupeur, il en manque un ! Nous retrouvons assez vite le huitième laron et la scène hitchcockienne s’arrête là.
Notre rando se termine au mas de Bordoll au milieu des chênes pubescents et érables de Montpellier dans leur parure automnale (note poétique). Nous ne manquons pas de jeter un coup d’œil au pont médiéval sur l’ancienne voie reliant Olette à Railleu (note historique) avant de regagner nos pénates sans avoir vu la moindre queue d’un mainate (note humoristique). Sans doute à l’occasion de la prochaine sortie, qui sait…

Cynips quercus-folli (Galle du chêne en « arbouse ») au pont de Railleu.